Dans l’action du « wuji » en début de cours, j’invite les pratiquants à se vider de leurs pré-occupations de la journée, de la semaine, du mois, …
Je les invite régulièrement à penser leur alignement, à chercher le relâchement des zones tendues, douloureuses ou pas. Ensuite, je les invite à plonger leur attention en désignant et en cernant un lieu du corps :
• ce peut être au niveau du « comment je respire ? », sans rien changer, suivre le chemin de l’air dans le corps. Le froid qui pénètre, le chaud qui en sort et puis peu à peu diriger la respiration par différentes injonctions ;
• ou bien, avec le doigt glissant du bas-ventre jusqu’au visage, suivre sa colonne vertébrale, s’arrêter sur une vertèbre, se la représenter, la ressentir ;
• ou bien projeter son esprit dans la plante des pieds, analyser le contact avec le sol et se revêtir, s’investir de la terre, se sentir plus stable, développer ses racines.
Être plus enraciné, plus ancré, développer son ancrage… Un but en soi !
Ancré dans le corps, oui ! Mais est-ce suffisant ? Non.
L’ancrage dans le corps doit passer par l’esprit, le mental, se sentir un, se sentir « être », se sentir unité, être présent à soi avec les autres, être disponible, ouvert, prêt à accueillir mais en toute conscience ! Et, se laisser couler… un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout !
À ce propos, je vous propose un texte qui, par hasard, s’est glissé sous mes yeux et qui m’a particulièrement touchée. Il s’agit d’un texte de Barbara Laurent.
» L’ancrage n’est pas une jolie visualisation de racines dans le sol. Ce n’est pas une posture de yoga parfaite. Ce n’est pas se forcer à rester calme quand tout brûle.
L’ancrage, c’est oser être là dans ton corps, dans ta vie, dans tes choix.
C’est sentir ta colère monter et ne pas la fuir sous prétexte d’être “spirituelle”. C’est savoir quand dire stop et quand dire oui de tout ton ventre.
L’ancrage, c’est vérifier si tu agis depuis la peur ou depuis l’élan juste. C’est te demander : « Est-ce que j’essaie de sauver tout le monde ? Est-ce que je veux aller trop vite pour plaire ? Ou est-ce que j’agis parce que c’est le moment pour moi ? »
L’ancrage, c’est laisser ton corps te parler : tes épaules qui se crispent, ton ventre qui se noue, tes pieds qui refusent d’avancer.
Ce sont des boussoles, pas des caprices.
C’est choisir de rester dans la pièce quand tu voudrais disparaître, et de sortir de la pièce quand tout ton être crie que c’est trop.
Être ancré·e, c’est habiter ta vie sans fuites. C’est être relié·e à la terre et à tes tripes.
C’est dire : « Je suis là. Pas seulement en méditation. Pas seulement dans ma tête. Je suis là, entièr·e, même quand ça dérange. »
Rose HUPEZ (Jurbise)
Évaluation des master classes 2024-2025
19 octobre 2025

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